Camille, je veux bien tout. Je veux bien que l'on se cache pour s'embrasser. Je veux bien me taper des films allemands en noir et blanc sans que l'on soit assis à coté, juste pour admirer ton profil dans l'obscurité. Mais si tu t'envoles à la sortie sans même penser à me consacrer dix minutes de ton précieux temps, je ne marche pas. Tu m'interdis de t'appeler. Mais tu ne sais pas ce que c'est d'attendre des soirées entières une sonnerie. Tu dis que tu n'aimes pas le téléphone, alors j'ouvre et je referme mon casier trente fois par jour dans l'espoir d'y trouver un de tes petits billets. Rien. Et tu dis m'aimer ? Petit princesse capricieuse, j'ai bien peur que tes déclarations ne signifient absolument rien, pas même pour toi.
---
Dire Je t'Aime n'est pas une chose facile quand on n'a jamais eu l'occasion de s'y exercer auparavant, à l'Amour s'entend. J'ai voulu te séduire, j'ai voulu t'embrasser, tu as répondu à mes baisers, j'étais le plus heureux des hommes. Tu m'as fait comprendre que je ne devais pas l'être. Et tu nous as perdus dans cette contradiction. Un jour oui, l'autre non. Tu parles de "piment", de "légèreté", tu parles avec les mains, tu fais des grands gestes, tu danses pour moi, tu te maquilles, tu te blottis dans mes bras et tu t'envoles. Tu me mens. Tu souris parce que je suis trop serieux. Tu as raison, je suis sérieusement épris. William est beau, tu tords tes lèvres pour lui aussi. Je t'ai vu glisser un mot dans son casier. Je ne t'espionne pas, je me rends à l'évidence. Fais très attention, Camille, c'est lui ou c'est moi.
